Retour dans le monde du travail

02.03.2022
01/2022

Qu’il s’agisse d’un trouble anxieux, d’un infarctus du myocarde, d’un cancer ou d’une attaque cérébrale: pour les personnes concernées, le retour au travail est généralement difficile – mais pour nous aussi, en tant qu’employeur, de telles situations représentent un défi. Les besoins et les sentiments ainsi que les possibilités d’une réintégration réussie diffèrent d’une personne à l’autre. Le collaborateur ou la collaboratrice trouve la bonne voie avec nous, les responsables de la gestion de la santé en entreprise (GSE), qui s’occupe entre autres de l’intégration sociale. Nous pouvons nous appuyer sur une certaine expérience en matière de réintégration. Mais qu’en est-il en particulier de la gestion des absences de longue durée? Qu’est-ce qui fonctionne bien et qui permet d’atteindre les objectifs, quels sont les points à améliorer? Et que peut faire chacun d’entre nous?

Valerie Schmutz
Directrice adjointe du personnel et des services

Réintégration après une maladie

Trouver des solutions ensemble

Le succès d’une réintégration au travail dépend d’une communication transparente. Nous discutons le plus tôt possible avec la personne concernée de ses besoins et des prochaines étapes – ceci toujours dans le respect du cadre juridique et de la protection des données. Nous avons constaté que le fait de retravailler – que ce soit trois heures par semaine ou à un taux plus élevé – aide. Cela donne non seulement une structure, mais aussi une confirmation et des contacts sociaux. Les mesures envisageables sont multiples, comme la planification spécifique des heures de présence, la reprise progressive ainsi que l’adaptation de l’activité (antérieure).

Conclusion

Plus tôt un problème est abordé, plus il est facile d’y remédier. Une communication ouverte et honnête est très importante et renforce la confiance mutuelle. En collaboration avec la personne concernée, nous essayons de trouver la solution appropriée lors de l’entretien.

Le chemin du retour réussi

Nous avons déjà pu accompagner plusieurs collaborateurs sur le chemin du retour au travail. Nous vous racontons à quoi cela peut ressembler à l’aide d’un exemple fictif. Un collaborateur est en congé maladie à 100% en raison d’une dépression diagnostiquée et est absent depuis huit semaines. Ce n’est pas une situation de départ facile pour toutes les personnes concernées. Au début, il est convenu d’un temps de présence de deux heures par semaine. Le premier pas de retour exige de lui de la persévérance et surtout du courage. Il se demande: «Est-ce que je vais tenir le coup? Serai-je même à la hauteur de la tâche?» Le défi est toutefois relevé avec brio. Après environ cinq mois dans des circonstances adaptées, il y est parvenu – en étant étroitement accompagné par nous.

Conclusion

Une réintégration réussie exige avant tout de la patience, une volonté de compromis de part et d’autre et le courage de s’engager dans l’inhabituel.

Un changement radical de décor

La réintégration ne se passe pas toujours aussi bien. Malheureusement, dans certains cas, la réintégration n’est pas possible. Parfois, un retour n’est pas envisagé par la personne concernée; surtout en cas de maladie psychique, la peur des réactions des supérieurs et des collaborateurs peut être très grande. Même si l’on en parle davantage aujourd’hui et que nous encourageons et soutenons les échanges, il est toujours difficile de gérer cette situation. C’est pourquoi les supérieurs hiérarchiques et les collaborateurs doivent être encore plus sensibilisés. Nous y reviendrons dans le prochain paragraphe. Un autre problème peut être que la confiance mutuelle n’existe plus et que, par conséquent, les mesures de réintégration ne fonctionnent pas. Dans ce cas, un changement radical de décor est le meilleur choix pour réintégrer le monde du travail.

Conclusion

La réintégration au travail ne fonctionne pas toujours. Il y a plusieurs raisons à cela et nous ne pouvons pas toutes les influencer. Nous faisons toutefois de notre mieux pour soutenir les personnes concernées, car nos collaborateurs nous tiennent à cœur. Mais un changement radical de décor est parfois la meilleure option.

Reconnaître les signaux d’alarme

Plus tôt une personne reçoit de l’aide, plus le risque d’une maladie grave avec une longue absence et une longue réintégration est faible. Nous nous attaquons aux causes à un stade précoce, nous sensibilisons nos collaborateurs et nous formons les personnes-clés et les cadres. Mais quand faut-il réagir et quels sont les signaux d’alarme à prendre en compte? L’insatisfaction, le manque de motivation, le manque d’entrain, les troubles physiques et les conflits fréquents peuvent être des indices qu’un collaborateur ou une collaboratrice ne va pas bien. Si, en outre, les absences de courte durée se multiplient et que les performances fluctuent, il est probable que le stress soit important. Il n’est pas facile de réagir de manière appropriée dans une telle situation, mais c’est précisément pour cela que nous sommes là. Ensemble, nous abordons ces questions et essayons de trouver un moyen approprié d’aider.

Conclusion

Reconnaître les signaux d’alarme à temps et réagir en conséquence peut aider énormément une personne concernée. Il n’est toutefois pas facile de gérer les maladies psychiques. Nous vous soutenons dans cette démarche!

Réintégration après une maladie

«Fin 2020, on m’a diagnostiqué un cancer du sein. Heureusement, j’ai pu très bien le gérer et j’ai essayé, dans la mesure du possible, de ne pas le laisser m’atteindre. Je savais simplement que je devais passer par là et je gardais toujours à l’esprit que cela allait passer. J’ai toujours été positive et de bonne humeur, même si le programme complet était prévu: opération, chimiothérapie, radiothérapie, thérapie antihormonale, thérapie au gui et acupuncture en parallèle. Pour moi, il était très important de pouvoir continuer à vivre le plus normalement possible, sport et travail compris. Grâce à la flexibilité de mon employeur, Stämpfli Communication, et au bureau à domicile, cela a heureusement toujours été possible. J’ai pu travailler pendant toute la durée de la thérapie, et j’ai pu adapter la charge de travail à ma condition. La distraction m’a fait du bien et je suis sûre que cette voie était exactement la bonne pour moi et qu’elle a largement contribué à mettre le cancer en échec. Merci à tous ceux qui m’ont aidée à le faire.» – Nathalie Blum, Polygraphe