Peter Stämpfli, Verwaltungsratspräsident Stämpfli AG

«Notre culture d’entreprise remonte à plusieurs générations»

14.06.2021
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  • Focus

Cela fait 222 ans que la famille Stämpfli dirige l’entreprise. Peter Stämpfli revient sur le passé et nous raconte également ce que ses ancêtres ont fait au-delà de l’entreprise.

Peter, qu’est-ce qui t’impressionne le plus quand tu repenses à votre histoire?

Il est émouvant de voir comment mes ancêtres géraient les crises. Même le départ en 1799 ne doit pas avoir été facile, étant donné que Napoléon avait envahi la Suisse peu de temps auparavant. Puis il y a eu deux Guerres Mondiales – beaucoup d’hommes ont dû partir au front, mais les affaires devaient continuer. Tout cela dans un environnement politique complètement différent. Il n’y avait bien sûr pas de soutien de l’Etat, comme c’est le cas aujourd’hui avec la crise de Covid-19.

Donc à cette époque, rien n’était acquis?

Certainement pas. Dans ce contexte, j’ai beaucoup de respect pour les femmes qui ont repris l’entreprise à trois reprises. La première, Marie Albertine Stämpfli, était veuve à seulement 23 ans, avec deux enfants en bas âge et un commerce sur les bras. Tout cela à une époque où les femmes n’étaient pas autorisées à gérer une entreprise par elles-mêmes. Cela m’impressionne beaucoup.

Quel est l’héritage de Stämpfli, en plus de tous les services qu’il fournit à ses clients?

Je voudrais mentionner notre culture d’entreprise. Nous ne savons pas exactement quelles sont ses origines. Ce qui est certain, c’est que la troisième génération a déjà accordé une grande valeur à l’humanité. Emma Stämpfli-Studer, mon arrière-grand-mère, est la fondatrice de la première crèche de Berne et un peu la mère des crèches de Suisse. D’ailleurs, cette première crèche bernoise existe encore aujourd’hui. Des salles de bain ont également été installées dans l’entreprise car on a remarqué que de nombreux travailleurs n’en avaient pas chez eux. Et les prestations sociales telles que la caisse de pension existaient déjà au XIXe siècle, bien avant qu’elles ne soient rendues obligatoires par la loi.

Cette culture de l’appréciation a donc été transmise de génération en génération?

Oui, c’est ça. Je me souviens d’une scène dans mon enfance. A la table du déjeuner, j’ai parlé d’un employé et j’ai dit qu’il n’était qu’un modeste auxiliaire. Mon père, qui n’est habituellement pas un ami des grands mots, m’a alors clairement réprimandé: tous les employés sont nécessaires et leurs services ont la même valeur.